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Techniques - Argile

  1. Le matériel nécessaire
  2. Les connaissances techniques indispensables
  3. Les étapes de réalisation
  4. Références

Conserver sa bonne texture à la terre

Lorsque l’on travaille sur une sculpture en argile, le travail peut s’étendre sur une période qui peut être longue. Il est donc très important de conserver à la terre sa bonne texture de travail afin d’éviter tous les désagréments qui découleraient d’un séchage trop rapide (terre trop sèche, fissures, casse…).

Il faut également préciser que la terre sortie de son emballage est généralement très molle et peut donc rendre le travail compliqué (affaissement…). Il est donc intéressant d’avoir à disposition des terres un peu plus dures qui serviront notamment à la mise en place des volumes.

Conserver sa bonne texture à la terre passe tout d’abord par de bonnes techniques de travail. Ainsi il faut éviter de trop malaxer la terre car les paumes des mains assèchent l’argile et la rendent craquelée. De la même manière, faire dès le début de la sculpture des détails fins augmentera le risque de séchage trop rapide de ceux-ci, on préfère donc généralement mettre d’abord les volumes pour ensuite seulement entrer dans les détails (ce qui est de toutes façons toujours préférable en sculpture).

Vaporiser de l’eau

Un vaporisateur rempli d’eau permet d’humidifier la pièce superficiellement pour faciliter le travail. Attention toutefois à la tendance que l’on a souvent à trop humidifier les pièces, ce qui les fragilise et augmente le risque que la terre se déforme sous l’effet de la pesanteur (on voit souvent des bras de sculpture s'effondrer à cause d'une argile trop humidifiée). Pour être bonne à travailler, la terre doit acquérir une certaine texture liée au séchage qui lui permettra de se tenir ; si la pièce est trop fréquemment humidifiée, la pièce restera fragile, ce qui est très risqué pour le travail et pour le vidage. Le sculpteur doit apprendre à réaliser sa pièce au rythme du séchage de celle-ci en utilisant à chaque étape au mieux les propriétés de celle-ci.

Utiliser des bandelettes humidifiées

Lorsqu’une partie fine de la sculpture sèche trop, il devient inutile d’utiliser le vaporisateur car son eau s’évapore trop vite pour être absorbée en profondeur par la terre. Pour humidifier en profondeur une pièce, ou conserver l’humidité lorsque l’on laisse la pièce un certain temps sans la travailler, il est intéressant d’utiliser des bandes de tissus humides qui maintiendront la pièce à un bon niveau d’humidité. On emmaillotera les parties de la sculpture trop sèches ou susceptibles de sécher trop vite (par exemple les pieds ou les mains d’un personnage).

Attention surtout à bien essorer les bandes avant de les appliquer sur la pièce afin d’éviter que la terre ne devienne trop molle et ne s’effondre. Les bandes ne doivent être que légèrement humides, ce qui est suffisant pour humidifier la pièce en profondeur.

Emballer la sculpture

Enfin il est indispensable de faire très attention à la manière dont on conserve la sculpture. Celle-ci doit être soigneusement emballée dès que le travail est terminé. Pour conserver à la terre une texture permettant de poursuivre le travail, il faut l’emballer très soigneusement après chaque journée de travail afin d’éviter qu’elle ne sèche à l’air libre. Un assortiment de sacs poubelle de différentes tailles est alors intéressant pour emballer la sculpture tandis que le lien du sac permet de le refermer soigneusement. Le plus simple est d’utiliser un sac suffisamment grand pour pouvoir contenir la sculpture et son socle de travail, on place alors l’ensemble dans le sac que l’on referme en haut grâce à son nœud de fermeture. Lorsque la sculpture est trop grande pour cela, on la recouvre du sac que l’on referme, soit en glissant les bords à l’aide d’un couteau sous la sculpture (lorsque la base de celle-ci est continue) soit en utilisant du ruban adhésif pour le coller sur le bois et rendre le sac hermétique. Lorsque la sculpture est très grande il faut utiliser plusieurs sacs que l’on découpe et que l’on colle les uns aux autres à l’aide de ruban adhésif (attention à bien conserver les plastiques et le ruban pour qu’ils puissent être réutilisés après la séance de travail suivante).

Cette étape doit être réalisée avec grand soin car le risque est qu’une pièce mal emballée ne puisse par la suite être retravaillée car elle sera devenue trop sèche. Il faut donc bien prendre le temps de couvrir la pièce de plastique et de s’assurer de l’étanchéité de celui-ci. Dans le cas de grandes pièces cela peut s’avérer compliqué car il faudra alors scotcher des sacs plastiques les uns aux autres pour couvrir l’ensemble de la pièce en s’assurant qu’il n’y ait aucun espace où l’air puisse s’infiltrer, sous peine de séchage accéléré !

Enfin, une fois la sculpture terminée, il est intéressant de la recouvrir d’un sac plastique non fermé afin de lui assurer un séchage lent qui évitera l’apparition de fissures et limitera le retrait de la terre. Ce sac peut être retiré dès que le séchage est bien entamé.

Recoller avec de la barbotine

Si l’on parle généralement de colle pour désigner la barbotine, il faut bien penser qu’il ne s’agit pas réellement d’une colle. Si vous prenez les deux morceaux d’une sculpture et les enduisez de barbotine pour ensuite les presser l’un contre l’autre, cela ne fonctionnera pas, dès que l’eau de la barbotine sera absorbée par la terre plus sèche de la sculpture les deux morceaux se détacheront. Il faut donc soigneusement interpénétrer les terres de deux morceaux en utilisant la barbotine comme liant.

On commence par guillocher les deux faces à coller, c'est-à-dire qu’on les strie profondément avec un couteau. On applique alors dessus largement la barbotine et on peut reguillocher pour assurer une bonne pénétration de la barbotine. On presse ensuite les deux morceaux l’un contre l’autre et on utilise un outil pour mêler la terre des deux bords. Ensuite on peut ajouter un peu de terre fraîche de l’on mélange bien avec la terre barbotinée. Il ne reste alors plus qu’à retravailler la partie recollée pour en améliorer l’apparence. Attention, juste après le collage cette partie reste fragile, il vaut mieux attendre qu’elle solidifie pour la travailler et éviter de la remouiller.

Si la pièce est trop sèche pour l’usage de la barbotine, on peut utiliser du vinaigre blanc appliqué largement au pinceau pour humidifier la partie de la pièce à recoller (des bulles doivent se former et la terre commencer à se désagréger) et ensuite bien mêler les bords pour homogénéiser l’ensemble.

Réaliser des colombins

Les colombins sont un élément important du modelage de la terre, qu’ils permettent la construction d’une pièce en creux, qu’ils servent à réaliser des éléments de la pièce comme des bras, des cheveux ou des paupières ou qu’ils permettent de réparer les problèmes (lorsque l’on referme la sculpture par exemple).

Pour réaliser un colombin, on prend un morceau de terre que l'on roule sur un plan de travail propre. Il est important d'utiliser les doigts et non la paume de la main et d'appliquer une pression uniforme et pas trop importante pour éviter de déformer le colombin. Il faut également le rouler largement afin d'éviter que ne se créent des angles. Enfin la réalisation et l'utilisation du colombin doivent être rapides afin que celui-ci ne se dessèche pas au contact du bois et de la main car alors il craquèlerait et deviendrait inutilisable.

Si vous avez besoin d'utiliser de nombreux colombins, vous pouvez les fabriquer à la chaine en début de séance et ensuite les conserver bien couverts par un plastique étanche pour éviter qu'ils ne sèchent, attention car plus les colombins sont fins, plus ils sèchent vite!

Le colombin peut alors être appliqué sur la sculpture, directement si les deux ont la même consistance, avec de la barbotine si la sculpture est plus sèche.

Les fours à céramique

Exemples de fours électriques à céramiqueExemples de fours électriques à céramique
Exemples de fours électriques à céramique

Il existe différents types de fours à céramique, principalement à bois, au gaz ou électriques. Les fours électriques sont de deux types : les fours à enfournement frontal et ceux à enfournement par le dessus (généralement plus petits, mais bien adaptés aux objets céramiques).

Les fours électriques sont les plus simples d’utilisation car ils allient sécurité (pas de gaz) à des programmations avancées qui permettent, une fois le réglage établi, de lancer une cuisson en quelques pressions du boitier de commande. Cependant ils présentent le défaut de réaliser une cuisson sans subtilité de la sculpture à travers des résistances et sans flamme ni dégagement de fumée. Attention cependant car les résistances de ces fours sont fragiles.

L’objectif de ces fours est de permettre d’atteindre les températures de cuisson des terres qui doivent être cuites (généralement entre 900 et 1200°C). Attention à éviter de cuire dans le même four des terres à température de cuisson différentes, même au cours de cuissons différentes car il reste bien souvent des petits morceaux de terre dans le four. Or l’argile (cuisson entre 900 et 1000°C) va fondre et couler s’il est cuit à température de cuisson grès ou porcelaine (1200 à 1400°C) ce qui risque de gravement endommager des résistances du four électrique

Exemple de four à bois
Exemple de four à bois

De nombreux céramistes leur préfèrent des fours au gaz ou des fours à bois qui par la présence d’une flamme dégagent de la fumée (et des cendres et braises dans le cas du four à bois) permettent de créer des effets sur la sculpture et de réaliser des processus de patine comme le raku. Les fours à bois présentent également l’intérêt de pouvoir être construit aux mesures de la sculpture, ce qui est très intéressant pour des pièces de bonne taille. Cependant ces deux types de fours nécessitent la surveillance de la cuisson qui peut prendre plusieurs jours et la construction d’un four à bois nécessite une bonne expérience.

Pour en savoir plus sur les fours et cuissons, un site très complet qui en reprend tous les aspects (choix du four, matériel, enfournement, courbes de cuisson...) : http://sitepasite.free.fr/poterie/index_cuisson.html

 

 

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